23 novembre 2007

Crise financière : signes inquiétants de craquements !

Le marché européen interbancaire des obligations sécurisées est suspendu jusqu’au 26 novembre. Les cours de Freddie et Fannie, les deux principaux organismes de crédit immobilier américain, ont plongé hier. Le premier assureur obligataire à chuter pourrait être ACA.

L’European Covered Bonds Council, organisme rassemblant les professionnels du secteur des obligations sécurisées, a publié le 21 novembre un communiqué annonçant la fermeture de ce marché jusqu’au 26 novembre.

« A la lumière de la situation et afin de d’éviter une accélération dans l’élargissement du spread », les banques et les investisseurs recommandent « la suspension temporaire de ce marché. » Le spread, ou écart de taux, est la valeur de la surprime de rémunération concédée par les emprunteurs en compensation des risques associés au titre.

Les obligations sécurisées [1] sont des titres adossés sur des flux de remboursement d’emprunt. les banques se financent en émettant ce type d’obligation, mais depuis le début de la crise des subprimes, devant la méfiance des investisseurs, elles se sont vues obligées d’offrir une rémunération de plus en plus élevée pour trouver preneurs.

Le surplus de rémunération, ou spread, a atteint récemment 38 points de base (0,38%) alors qu’il n’était que de 22 points il y a six semaines.

« Nous sommes dans une situation qui se détériore », juge Patrick Amat, le directeur de l’ECBC. « Une simple vente peut ressembler à une patate chaude. Si cela se répète, cela peut conduire à un élargissement du spread inacceptable et se terminer en situation absurde. »

Selon Bloomberg, le marché des obligations sécurisées s’élève à 2 800 milliards de dollars.

Christoph Anhamm, responsable de ce secteur chez ABN AMRO à Francfort, a indiqué à Reuters que « compte tenu des conditions générales du marché et des mécanismes spécifiques qui régissent les échanges entre vendeurs il semble possible que le marché interbanque ne reprenne pas cette année. »

Les règles régissant ce marché contraignent les émetteurs à répercuter dans leurs prix les variations de spread constatées sur les ventes effectuées. Lorsque celles-ci sont peu nombreuses et le spread élevé, l’ensemble du secteur en est pénalisé.

Le numéro deux du secteur des prêts hypothécaires aux USA pourrait avoir à se procurer 6 milliards de dollars pour renforcer sa capitalisation. Freddie Mac, entreprise bénéficiant de la garantie du gouvernement (GSE), a enregistré les pertes trimestrielles les plus importantes de son histoire, de 1,4 milliards.

Les pertes constatées par l’entreprise ont érodées ses réserves à la limite du minimum imposé par la réglementation. La valeur boursière de Freddie Mac et Fannie Mae, le GSE numéro un du secteur, a baissé de 57 milliards depuis décembre.

Selon les analystes du secteur, ses besoins de refinancement pourraient s’élever à 5 ou 6 milliards de dollars.

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