« Elections en Serbie : combat politique serré entre patriotes serbes et mondialistes apatrides | Page d'accueil | Guerre froide : Expulsions croisées de diplomates russes et américains »
08 mai 2008
Les soldats de Bush

par Louis Dalmas
Taïaut ! Taïaut ! Les trompettes sonnent. Les tambours battent. Nos morts-vivants sont sortis de leurs tombes politiques et littéraires pour mener une nouvelle guerre sainte. Mobilisés par Washington, ils se jettent à corps perdus dans la défense de leurs derniers modèles de civilisation : les Tibétains, après les Tchétchènes et les Albanais.
A corps perdus. C'est ça qui gêne. Le battage. Le tsunami médiatique. Nous savons bien que la lutte contre toute oppression est une nécessité incontournable. Mais le fracas déclenché hier en faveur des fanatiques de Grozny et des racistes de Pristina, aujourd'hui en faveur des moines en délire de Lhassa, dépasse de si loin les dénonciations murmurées de l'inégalité et de la misère en France, que la disproportion est choquante. Les matamores des droits de l'homme – qui ne prennent jamais la peine de s'informer avant d'enfourcher leurs dadas – s'émeuvent plus de la douleur discutable à l'étranger que du malheur réel devant leurs portes. Comme ça, ils ne s'engagent pas dans le subversif. Ils se font de la pub sans risque. Ils ont bonne conscience à peu de frais (avant de s'apercevoir, longtemps après, qu'ils n'ont peut-être pas misé sur le bon cheval). Pendant ce temps, d'autres, plus retors, se servent de leurs emballements pour détourner l'attention du vrai combat économique et social.
En fait, leurs emballements occultent une bonne question : un Etat a-t-il le droit de se défendre ? La réponse est “oui”, mais seulement s'il est membre de l'Alliance Atlantique. Aux USA, on peut bafouer la justice à Guantanamo et entretenir des centres secrets de torture dans le monde entier. En Europe, on peut brutalement disperser des manifestations, décimer l'ETA et l'IRA, et agresser un pays indépendant. Ca s'appelle maintenir l'ordre et lutter contre le terrorisme.
Partout ailleurs, c'est-à-dire en Serbie, en Russie ou en Chine (ces pays barbares qui échappent à l'OTAN), le même genre de riposte s'appelle écraser une minorité.
Une réaction bien entendu inacceptable par nos justiciers des cocktails parisiens : hier, ils mettaient Moscou (bourreau des Tchétchènes) au ban de l'humanité et appelaient à bombarder Belgrade (bourreau des Albanais) ; aujourd'hui, ils crachent sur Pékin (bourreau des Tibétains) en broyant le sport dans la moulinette de la morale et en inondant la flamme olympique avec l'eau bénite de la bien-pensance. A la grande joie de Robert Ménard, le pantin à la tête de Reporters sans frontières, qui usurpe la défense de la liberté des journalistes avec l'argent américain en réclamant le boycott des affreux communistes qui inquiètent ses patrons, et de Daniel Cohn-Bendit, qui gomme ses trahisons politiques en jouant les révolutionnaires de salon.
Dommage que des sentiments généreux soient ainsi dénaturés. Les droits de l'homme existent. C'est incontestable. Le malheur est qu'ils soient défendus par ces gens-là.
13:53 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, bush, bien-pensants, identité, marine le pen, chine



Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.