07 janvier 2009
En France, Gaza réveille la virulence des «anti-sionistes»

Les extrémistes de gauche et de droite se rejoignent.
par Sylvain Besson, Paris pour Le Temps (Suisse) via Voxnr.com
Une manifestation qui dégénère, des discours assimilant Israël au nazisme, des groupes nationalistes appelant à manifester avec la «gauche de la gauche» pour les Palestiniens... L'opération militaire à Gaza a réveillé, en France, le marigot de l'anti-sionisme radical. Il mêle militants d'extrême droite et anciens gauchistes, unis par la détestation de l'Etat juif vu comme le «chien de garde» de l'impérialisme libéral.
Samedi à Paris, une manifestation réunissant plus de 20 000 personnes, à l'appel d'organisations de gauche, s'est conclue par des incidents: voitures brûlées, magasins pillés et accrochages avec la police. Les «jeunes de banlieue» d'origine nord-africaine ne sont pas seuls en cause: «Il y avait aussi des papys de 50 ans, très énervés», témoigne Erwan Simon, l'un des organisateurs de la manifestation.
Dans le cortège s'étaient glissés des activistes de la droite extrême, tendance «nationaliste révolutionnaire». Un de leurs sites internet de référence, Vox NR, avait appelé à se joindre au défilé avec des mots d'ordre comme «Chrétiens de France, avec les musulmans!» ou «Sionistes, c'est vous les terroristes!»
«Pour nous, c'est clair, nous n'avons et n'aurons jamais aucun lien avec ces gens, précise Erwan Simon. Normalement, nous organisons le service d'ordre de manière à les sortir de la manifestation. Mais là, il y avait beaucoup plus de monde que prévu et c'était très difficile.»
Deux figures de cet anti-sionisme, qui prétend allier les extrêmes de gauche et de droite, ont fait parler d'elles récemment. L'humoriste Dieudonné, d'abord, a fait scandale en invitant l'historien négationniste Robert Faurisson à monter sur scène au Zénith de Paris. Son dernier spectacle, J'ai fait l'con, qui doit être produit à Genève en février, a pour thème quasiment unique la mainmise supposée des juifs sur les médias et la politique.
Haine du social-libéralisme
L'autre homme fort de la mouvance est un ami de Dieudonné, Alain Soral, ancien communiste devenu membre du Front national et conseiller de Marine Le Pen. Il affirme que le sionisme a comme objectif «l'extermination finale des Palestiniens» et prône l'alliance avec l'extrême gauche par haine du social-libéralisme: «La clique des bobo-libéraux [est] assurément la sous-classe sociopolitique la plus abjecte et la plus répugnante du monde», selon lui.
Le club fondé par Alain Soral, Egalité et réconciliation, dispose d'un pendant en Suisse romande, Unité populaire. Son animateur est un ancien du parti trotskiste Solidarités, David L'Epée. Il professe une admiration non dissimulée pour les islamistes: «J'ai [...] réalisé l'abîme incommensurable qui séparait ces deux mondes, celui - fait de droiture et de préceptes stricts - de l'islam, et celui, jouisseur et cynique, d'un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride.» On peut lire sur son site: «Si le «monde libre» est représenté par Israël, nous sommes bien contents d'avoir «choisi le camp des méchants!»
En 2004, le rapport de Jean-Christophe Rufin, aujourd'hui ambassadeur de France au Sénégal, notait que l'anti-sionisme radical était devenu un «discours dominant» supplantant l'antisémitisme à l'ancienne. Son audience reste difficile à évaluer. Mais à en juger par les 5000 personnes qui sont allées voir Dieudonné au Zénith, le 26 décembre, il n'est plus vraiment confidentiel.
08:40 Publié dans Combat identitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nation, politique, palestine, sionisme, anti-sionisme, paris, nationalisme-révolutionnaire



Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.