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07 mai 2008

Ambiance patriotique à Moscou à la veille du défilé du 9 mai

 

Alors que les cérémonies de passassions de pouvoirs entre Vladimir Poutine et le nouveau président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, viennent de s’achever en grandes pompes, la Russie connaît un fort élan patriotique et nationaliste avec les préparatifs du défilé du 9 mai, destiné à célébrer la grandeur retrouvée de l’armée. Cette grande parade affichera ostensiblement les matériels les plus modernes et les plus performants comme les fameux missiles stratégiques Topol-M, chars lourds T-90, batteries sol-air S-300, sol-sol BM-30 Smerch, automoteurs d’artillerie 2S19M1 de 152 mm et autres blindés comme des BMP-3, des Tunguska, Tor-M1 et autres SA-11 Buk, drapeaux tricolores russes aux aigles bicéphales et étendards à croix de Saint-André flottant au vent. Le 9 mai au matin, la puissance militaire russe fera officiellement son retour au cœur de Moscou après 18 ans d’absence.

Cela va « démontrer notre potentiel croissant en matière de défense », a lancé hier le président sortant Vladimir Poutine, donnant le ton. « Nous ne menaçons personne et ne nous apprêtons pas à le faire, nous n’imposons rien à personne », a-t-il toutefois ajouté alors que Tbilissi, satellite occidental et miné par les réseaux mondialistes, accuse Moscou de préparer une « agression militaire » après le déploiement de 1 000 soldats supplémentaires de la force de paix russe en Abkhazie.

 

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Une Russie, unie, forte et patriotique
Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, Vladimir Poutine, lui même ex-officier, n’a eu de cesse de restaurer le statut de grande puissance de la Russie , après le traumatisme de la chute de l’URSS, et de redonner à l’armée russe sa fierté.
La Russie , qui traversait une période troublée lorsque la démission surprise de Boris Eltsine, a propulsé Poutine au pouvoir, le 31 décembre 1999. L'économie était en crise, la Serbie venait de subir une agression occidentale totalement injustifiée sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale et le Caucase était en proie au terrorisme séparatiste tchétchène.

Huit ans plus tard, les électeurs s'estiment redevables à Poutine de la transformation du pays et le président, appelé à prendre la tête du gouvernement dès son départ du Kremlin, jouit d'un taux de popularité sans précédent de quelque 70%.

La Tchétchénie a été en grande partie pacifiée et les principaux chefs terroristes ont été tués, même si une insurrection islamiste de moindre ampleur continue d'être une relative source d'instabilité dans la région.

L'économie, stimulée par le cours élevé du pétrole et du gaz et par les réformes de marché lancées par Poutine dès son arrivée au pouvoir, croît sur un rythme annuel de 7%. Une audacieuse politique nataliste a été lancée par le Kremlin ; et la jeunesse russe affiche ouvertement et fièrement son patriotisme à la face du monde, comme l’on révélées les multiples manifestations en ce sens il y a quelques mois lors des élections présidentielles russes, devant un parterre de journalistes occidentaux dépités.

Les grandes entreprises russes font leur entrée sur les marchés occidentaux, comme le sidérurgiste Severstal qui a des participations dans des aciéries américaines, et la compagnie pétrolière LUKOIL, qui dispose d'un réseau de 2 000 stations-service aux Etats-Unis et projette d'acheter des raffineries dans ce pays.

Des blindés place du Kremlin
Côté « communication », les reportages abondent sur les grands exercices militaires et chaque nouveau tir de missile de dernière génération. Les bombardiers stratégiques ont aussi repris leurs vols, interrompus depuis la fin de la Guerre froide, le tout relayé par une habile rhétorique officielle. De nouveaux projets sortent des cartons des industries de guerre ; l’armée russe se modernise, se renforce, retrouve progressivement sa puissance d’autrefois.
Vendredi, la Russie , qui dénonce les projets d’expansion de l’OTAN à ses frontières, entend montrer à l’Ouest, dans la grande tradition des parades soviétiques et tsaristes, qu’elle ne s’en laisse pas impressionner.

 

 

« On peut voir ce défilé comme un signe de la renaissance de notre armée, de sa puissance, et comme un signal à nos partenaires de l’OTAN », commentait hier le quotidien pro-Kremlin Izvestia en une. Depuis quelques jours, les journaux télévisés sont inondés d’images de blindés et autres engins militaires descendant les grandes artères de Moscou et de chasseurs bombardiers Mig-29 et Su-27 survolant la capitale, accompagnés de bombardiers stratégiques Tu-22M, 95 et 160, lors d’innombrables répétitions du défilé.
Lundi, des milliers de soldats en uniforme, des dizaines de blindés et, clou du spectacle, quatre lanceurs de missiles Topol-M (SS-27 en code OTAN), fer de lance de la force stratégique russe, ont déferlé sur la place Rouge pour une grande répétition générale. À 10h00 sonnantes au carillon du Kremlin, le cérémonial a démarré avec la revue des troupes, soigneusement alignées, par le ministre de la Défense Anatoli Serdioukov. Les seuls grands absents étaient le président sortant Vladimir Poutine et son successeur Dimitri Medvedev, qui prendront tous deux place vendredi dans la tribune officielle, aux couleurs nationales, dressée devant le mausolée de Lénine (dont la momie doit se retourner dans sa bulle...!).

 


Le nouveau président, qui aura été investi deux jours plus tôt, va ainsi d’office associer son nom à la rhétorique militariste ambiante.
Au même moment, la situation en Abkhazie où la Russie vient d’augmenter son contingent de 1 000 hommes à 3 000 hommes, en accusant Tbilissi de préparer une opération militaire, suscite des inquiétudes croissantes. Washington entend utiliser son pion Géorgien pour multiplier les provocations dangereuses. Ce renouveau historique de la Sainte-Russie motive des jalousies attisées par des appétits revanchards du côté des occidentaux englués en Irak, en Afghanistan et incapables de proposer une alternative viable, un modèle de société cohérent et décent, à l’ensemble des peuples européens qui se sont débarrassés du communisme étatique à la fin du XXe siècle.

 

Quelques vidéos amateurs filmées lundi dernier, ici :

http://smotri.com/video/view/?id=v40148706a1

 

Pour suivre en direct, vendredi matin, à 07h00 heure de Paris, le défilé de Moscou :

http://wwitv.com/portal.htm?http://wwitv.com/television/i...