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08 mai 2008

Guerre froide : Expulsions croisées de diplomates russes et américains

 

AP - La Russie a ordonné à deux attachés militaires de l'ambassade des Etats-Unis à Moscou de quitter le pays, en réponse à l'expulsion de deux diplomates russes en poste à Washington, ont annoncé des responsables américains jeudi. « Nous sommes opposés à cette mesure mais nous nous conformerons à la requête du gouvernement russe », a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Gonzalo Gallegos.

A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

Les responsables américains ayant requis l'anonymat ont nié qu'il existe un rapport entre les expulsions des attachés américains, ordonnées le 28 avril, et celles des attachés russes, ordonnées respectivement le 6 novembre 2007 et le 22 avril dernier. Ils ont refusé de préciser le motif des expulsions mais ont affirmé qu'aucune accusation, d'espionnage par exemple, n'avait été portée contre les intéressés.

La nouvelle de ces expulsions survient au lendemain de l'investiture de Dimitri Medvedev à la présidence russe tandis que son prédécesseur et mentor Vladimir Poutine a été nommé Premier ministre jeudi.

Les soldats de Bush

 

par Louis Dalmas

Taïaut ! Taïaut ! Les trompettes sonnent. Les tambours battent. Nos morts-vivants sont sortis de leurs tombes politiques et littéraires pour mener une nouvelle guerre sainte. Mobilisés par Washington, ils se jettent à corps perdus dans la défense de leurs derniers modèles de civilisation : les Tibétains, après les Tchétchènes et les Albanais.
A corps perdus. C'est ça qui gêne. Le battage. Le tsunami médiatique. Nous savons bien que la lutte contre toute oppression est une nécessité incontournable. Mais le fracas déclenché hier en faveur des fanatiques de Grozny et des racistes de Pristina, aujourd'hui en faveur des moines en délire de Lhassa, dépasse de si loin les dénonciations murmurées de l'inégalité et de la misère en France, que la disproportion est choquante. Les matamores des droits de l'homme – qui ne prennent jamais la peine de s'informer avant d'enfourcher leurs dadas – s'émeuvent plus de la douleur discutable à l'étranger que du malheur réel devant leurs portes. Comme ça, ils ne s'engagent pas dans le subversif. Ils se font de la pub sans risque. Ils ont bonne conscience à peu de frais (avant de s'apercevoir, longtemps après, qu'ils n'ont peut-être pas misé sur le bon cheval). Pendant ce temps, d'autres, plus retors, se servent de leurs emballements pour détourner l'attention du vrai combat économique et social.
En fait, leurs emballements occultent une bonne question : un Etat a-t-il le droit de se défendre ? La réponse est “oui”, mais seulement s'il est membre de l'Alliance Atlantique. Aux USA, on peut bafouer la justice à Guantanamo et entretenir des centres secrets de torture dans le monde entier. En Europe, on peut brutalement disperser des manifestations, décimer l'ETA et l'IRA, et agresser un pays indépendant. Ca s'appelle maintenir l'ordre et lutter contre le terrorisme.
Partout ailleurs, c'est-à-dire en Serbie, en Russie ou en Chine (ces pays barbares qui échappent à l'OTAN), le même genre de riposte s'appelle écraser une minorité.
Une réaction bien entendu inacceptable par nos justiciers des cocktails parisiens : hier, ils mettaient Moscou (bourreau des Tchétchènes) au ban de l'humanité et appelaient à bombarder Belgrade (bourreau des Albanais) ; aujourd'hui, ils crachent sur Pékin (bourreau des Tibétains) en broyant le sport dans la moulinette de la morale et en inondant la flamme olympique avec l'eau bénite de la bien-pensance. A la grande joie de Robert Ménard, le pantin à la tête de Reporters sans frontières, qui usurpe la défense de la liberté des journalistes avec l'argent américain en réclamant le boycott des affreux communistes qui inquiètent ses patrons, et de Daniel Cohn-Bendit, qui gomme ses trahisons politiques en jouant les révolutionnaires de salon.
Dommage que des sentiments généreux soient ainsi dénaturés. Les droits de l'homme existent. C'est incontestable. Le malheur est qu'ils soient défendus par ces gens-là.

Elections en Serbie : combat politique serré entre patriotes serbes et mondialistes apatrides

 

 

Le 11 mai prochain, ce dimanche, se dérouleront en Serbie les élections municipales et législatives anticipées. Elections hautement importantes pour ce pays qui, depuis le début des années 1990, n’a eu de cesse d’encaisser de multiples agressions d’une rare violence à l’initiative de puissances occidentales hostiles, la dernière étant la déclaration autoproclamée d’« indépendance » du Kosovo au mépris du droit international.

Ces élections sont d’autant plus importantes que, cette fois-ci, il se pourrait bien qu’une alliance de fait se fasse entre les patriotes du SRS de Tomislav Nikolic et les droitistes du DSS de Vojislav Kostunica, amenant à la mise en place d’un gouvernement de Salut public à Belgrade.

Bien que les représentants de ces deux partis démentent sans relâche avoir conclu le moindre accord de coalition après les élections du 11 mai prochain, les analystes, qui rejetaient autrefois toute hypothèse d’une collaboration entre les radicaux (SRS) et les « populaires » (DSS), pensent que c’est désormais une option très vraisemblable. Le 3 février dernier, le candidat patriote et nationaliste, Tomislav Nikolic, avait été battu de justesse par le candidat mondialiste Tadic à l’élection présidentielle. Depuis, les difficultés en Serbie se sont aggravées et la crise du Kosovo n’a en rien arrangé les choses. Du reste, le Parti radical de Serbie a pris soin d'associer sur ses affiches électorales -photo- les portraits de Nikolic et de son fondateur et toujours président, Vojislav Seselj, prisonnier politique à La Haye.

Ce scrutin de dimanche est donc une sorte de revanche salutaire du camp patriotique, une revanche qui pourrait sonner comme une libération.

Les officines mondialistes et européistes à l’oeuvre

Ce renouveau national, tant espéré en Serbie, et notamment parmi les couches populaires les plus fragilisées, sonne comme une alerte chez les mondialistes et cosmopolites qui entendent maintenir la Serbie , un des plus vieilles nations d’Europe, sous leur joug. Déjà, certains ont tenté d’empêcher les Serbes du Kosovo de voter dimanche ; et la campagne électorale dans les enclaves serbes de la province occupée, à Kosovska-Mitrovica notamment, se fait quasiment dans la clandestinité, avec la complicité de la « communauté internationale ».

On mobilise à tout va du côté des cosmopolites, comme cette initiative du « Forum des écrivains serbes » (tous d’ex-communistes ralliés opportunément au très abjecte libéralisme globalisé) qui entend imposer à l’opinion publique un discours moralisateur aux accents de terrorisme intellectuel.

Ces derniers temps, des officines occidentales ont multiplié manœuvres et aides en direction des « pro-européens » et des listes de « minorités » en Serbie comme celles du Sandjak musulman, celle des pan-albanais de la vallée de Presevo (liés à l’UCK et aux bandes islamo-mafieuses) ou encore celle des Hongrois de Voïvodine. Des ONG subversives, en lien direct avec le Conseil de l’Europe, certaines instances de l’Union européenne et le NED (National Endowmemt for Democracy, proche de Madeleine Korbel-Albright), ont commencé à collecter des signatures de soutien, pour permettre à la liste des  extrémistes albanais de la vallée de Presevo de pouvoir se présenter. Une fois de plus dans cette campagne électorale, islamistes de Novi Pazar, islamo-mafieux pan-albanais de Presevo et séparatistes hongrois se retrouvent copains comme cochons contre les intérêts nationaux de la Serbie et de son peuple.

Du reste, le MPSZ (Alliance civique hongroise) vient de recevoir le soutien de provocateurs patentés et stipendiés du HVIM, groupuscule activiste d’extrême droite, provocateur, ultra-violent, raciste, antinational, révisionniste et ouvertement slavophobe et anti-orthodoxe, groupuscule dont de nombreux membres ont été condamnés pour des violences répétées. Un groupuscule qui se vantait d’avoir reçu l’appui d’Otpor en janvier 2007 afin de participer à des actions hostiles à la Serbie.

Pourtant, il s’avère que d’autres minorités nationales de Serbie refusent d’entrer dans ce jeu stupide et dangereux, comme c’est le cas des Roumains du Banat, des différentes communautés roms, ou encore des Bulgares du Timok.

Le comportement de l'Union européenne, et notamment de la France à l'égard de la Serbie , fait penser à celui d'O'Brien dans 1984 de Georges Orwell : après avoir amputé la Serbie , l'Union européenne lui tend la main tout comme O'Brien donne un repas chaud avec des morceaux de viande au héros après l'avoir torturé. Le but étant de faire en sorte que le héros finisse par aimer Big Brother. Ce comportement est évidemment d'une violence et d'un cynisme inouïs.

Les élections du 11 mai prochain vont opposer les partis occidentalistes et pro-mondialistes réunis autour du président Tadic aux nationalistes serbes, patriotes et russophiles.  L'issue est incertaine, les deux camps sont au coude à coude. Mais la campagne prend une tournure inquiétante : Les menaces contre les responsables serbes se sont multipliées après la signature la semaine dernière à Luxembourg par le vice Premier ministre Bozidar Djelic (notamment formé dans les réseaux Soros dans les années 1990), en présence de Boris Tadic, de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'Union européenne, accord qui enferme la Serbie dans des contraintes politiques et économiques normées par des technocrates européens et qui valide, de fait « l’indépendance » du Kosovo, province serbe occupée et albanisée de force.

Du reste, le président du Conseil national serbe du nord du Kosovo, Milan Ivanovic, a l’intention de poursuivre en justice le président, le vice-premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de Serbie pour avoir signé l'ASA avec l'UE.

L'Accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne a été signé à Luxembourg par le vice-premier ministre serbe Bozidar Djelic en présence du président et du ministre des Affaires étrangères de Serbie, respectivement Boris Tadic et Vuk Jeremic.

L'opposition accuse le président Tadic d'avoir cédé le Kosovo en échange de garanties de rapprochement avec l'Union européenne. Le Premier ministre de Serbie Vojislav Kostunica (DSS) et le chef de file du Parti radical serbe (parti le plus important du pays) Tomislav Nikolic se sont catégoriquement opposés à la signature de l'ASA avec l'UE.

Ambiance délétère

A Belgrade, des affiches qualifiant le président Tadic d'ennemi de l'Etat ont été placardées à plusieurs endroits de la ville. Et un journal a cité une lettre qu'aurait reçue le chef de l'Etat, une lettre dans laquelle il est écrit que Tadic obtiendra ce qui est dû à tout traître au peuple serbe, à savoir une balle dans le front. Un contexte délétère qui s’ajoute au mal ambiant qui traverse actuellement la Serbie. Outre l’amputation du Kosovo, les Serbes doivent encore supporter les conséquences néfastes de la politique de casse sociale et industrielle imposée par les « pro-européens » depuis le coup d’Etat d’octobre 2000. L’économie serbe est mal en point : les parrains de la mafia locale, ceux qui ont profité de la période Milosevic avant de se muter en grand « démocrates » avec l’avènement de « l’opposition démocratique » en 2000-2001, ont été les seuls bénéficiaires de la « transition ». Avec l’aide de politiciens retors comme Djindjic, puis Tadic, Djielic, sans oublier Draskovic et Kostunica, ils ont mis en place des monopoles qui font baisser le pouvoir d’achat des citoyens et qui empêchent la création d’emplois, pourtant nécessaire à la relance économique. Cette situation va à l’encontre des règles de la concurrence, et instaure une « dictature de l’argent sale ». De surcroît, force est de constater que la logique des privatisations, imposée par l’UE, ne sert qu’à remplir les caisses vides de l’État, sans se soucier des exigences du service public, comme le souligne Blic dans son édition du 25 avril dernier. La conclusion générale est sombre : l’économie en Serbie est déjà en grande part dans les mains des monopolistes locaux, tous acquis aux principes mondialistes de la prédation, et la plupart des ressources naturelles stratégiques et des activités industrielles deviendront la proie des gros capitaux étrangers, si rien n’est fait pour redresser le pays dans un esprit national et patriotique. Tout cela remet aussi directement en question la souveraineté de l’État et l’identité même de la Serbie et du peuple serbe.

L’écriture du serbe : enjeu de l’identité nationale et géopolitique

Comme l’explique Jean-Baptiste Blanc, l’enjeu politique de dimanche va jusqu’à se retrouver au cœur même de l’identité serbe : la langue et sa manière de l’écrire. Le serbe s’écrit traditionnellement en alphabet cyrillique depuis le XIXe siècle. Cependant, à travers les époques, l’écriture cyrillique a été de plus en plus concurrencée par l’alphabet latin, de sorte qu’aujourd’hui les deux alphabets cohabitent dans l’écriture de la langue serbe. Ainsi certains journaux serbes utilisent l’alphabet cyrillique, d’autres l’alphabet latin. Mais le choix de l’un ou l’autre alphabet n’est pas innocent. Pour preuve, des associations de défense du cyrillique ont vu le jour ces dernières années en Serbie pour lutter contre le progrès d'un alphabet latin porté toujours plus par la mondialisation et les ONG occidentales en charge de dénigrer et salir la culture serbe.

Enfin, les partis représentant les minorités ethniques tendent à préférer l’alphabet latin. C’est le cas de la Coalition hongroise, dans ses quelques rares pages rédigées en serbe.

Ainsi donc, parmi les partis pouvant espérer obtenir des députés, cinq utilisent uniquement l’alphabet latin. Sans surprise, ce sont les partis les plus favorables à « l’intégration » (comprendre : l’assujetissement) de la Serbie aux institutions euro-atlantiques. Et l’observateur averti de conclure : « Dis-moi avec quel alphabet tu écris, et je te dirai quelle orientation géopolitique tu défends… »

Nécessaire redressement national

En cas de victoire du Parti radical de Serbie – avec ou sans accord avec le DSS de Kostunica - aux élections législatives du 11 mai, Belgrade ne livrera pas de ressortissants serbes au tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de la Haye (TPIY), a déclaré Tomislav Nikolic, chef du SRS.

Son parti est crédité selon les sondages de 36% des suffrages, ce qui pourrait lui permettre de créer une coalition avec les opposants au Parti démocratique (DS) du président Tadic. « Après le 11 mai, personne en Serbie ne pourra être accusé par le TPIY. Et pas un Serbe ne sera remis à La Haye  », a-t-il déclaré dans une entrevue publiée mardi 6 mai par le quotidien russe Vremia Novosteï. « Nous sommes déterminés à renforcer nos relations avec les authentiques amis de la Serbie , parmi lesquels la Russie , qui occupe une position stratégique. La Serbie doit également coopérer avec la Chine , l'Inde, le monde arabe et africain, l'Amérique latine et l'UE. Mais nous imposons une condition à Bruxelles: que l'UE mène des négociations avec la Serbie toute entière, avec le Kosovo en son sein. Que les fonctionnaires européens négocient avec un pays, pas avec ses différentes entités », a-t-il indiqué.

Si les vœux des patriotes serbes pouvaient se réaliser dimanche prochain, dans un contexte de renouveau affirmé de la Russie et de l’ensemble des peuples Slaves orthodoxes sur notre continent, il est incontestable qu’un vent de liberté, en provenance de l’Est est en train de se lever en Europe. Un vent de liberté dont l’ensemble des peuples, et le peuple français en tout premier lieu, serait bien inspiré de profiter dans les années à venir.

R. M.

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